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COP16 : la fin des négociations

« C’est fini ». Il fait déjà nuit noire depuis un moment le 2 novembre lorsque Susana Muhammad, la ministre colombienne de l’environnement qui présidait la COP16 Biodiversité, suspend les négociations après dix heures d’échanges intenses. Autour d’elle, des délégués épuisés luttent pour garder les yeux ouverts, certains abandonnent la plénière pour attraper leur vol, d’autres, à bout de nerfs, défendent encore leurs positions dans une ultime bataille. Deux ans plus tôt, lors de la COP15, l’accord Kunming Montreal, promettait d’inverser la perte de biodiversité. Pourtant, cet engagement salué en 2022 semble perdu de vue. Alors pourquoi les négociations n’ont-elles pas pu aboutir ?

Pour la présidente de la COP16 « Si des décisions n’ont pas été adoptées, c’est parce qu’il n’y a toujours pas assez de confiance et de compréhension entre les États ». Au cœur des désaccords, la création d’un nouveau fonds pour la biodiversité opposant les pays du Nord, très attendus sur les questions de financement, et les pays du Sud, désireux de voir émerger un système plus accessible et équitable. Un peu plus tôt, la reconnaissance du rôle des peuples autochtones dans la protection de la biodiversité avait pourtant annoncé une avancée significative.   

Un autre obstacle à ces négociations réside dans le fossé entre des objectifs ambitieux et leur mise en œuvre concrète. Bien que l’accord Kunming Montreal ait marqué un jalon historique, aucun mécanisme n’a réellement poussé les États à tenir leurs promesses. À quelques jours de la COP16, 85% des États étaient en retard dans l’élaboration de leurs Stratégies et Plans d’Action Nationaux pour la Biodiversité, révélant bien l’urgence d’instaurer des systèmes de suivis rigoureux qui garantissent la responsabilité des signataires. Et ainsi mieux préparer le terrain des négociations. Renforcer cette perspective dans les prochaines négociations pourrait s’avérer décisif, car comme le rappelle Susanna Muhammad, un fait demeure incontestable : « La planète n’a pas de temps à perdre ».   

Gabrielle Pastel

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